Pourquoi l’imprimé disparait ?

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le papier est un formidable média !

  1. il ne consomme pas d’énergie
  2. il emprisonne du CO2, il est donc écologique
  3. il ne nécessite pas de « reader »
    (bien qu’a partir d’un certain âge un appareillage est souvent nécessaire),
  4. il est émotionnel par son toucher, son aspect et son odeur
  5. il est facilement « annotable »
  6. il est facilement partageable
  7. il a une valeur : « Police, vos papiers s’il vous plait.» (non, si vous dites ciseaux vous ne gagnez pas !)

Mais alors pourquoi l’imprimé disparaît ?

Prenons un exemple simple :

Imaginez, vous êtes la(e) directrice(eur) marketing du leader des magazines hebdomadaire féminin en France,  aujourd’hui vous en imprimez  382.000 exemplaires pour un peu plus de 2 millions de lectrices et lecteurs.
Grâce à votre boulot formidable, près de 4,8 % de la population française de plus de 15 ans lit VOTRE magazine toutes les semaines.

C’est AMAZING et votre boss vous félicite et vous promeut :

China I’m coming and I’m up to 4,8% !

 

Bon c’est là que je vous calme ou que vous vous réveillez, au choix !

Avec un taux de pénétration de 4,8% de la population chinoise votre objectif est de 66 Millions d’individus, pour atteindre cet objectif vous allez devoir imprimer :  8,5 Millions d’exemplaires !

Sachant que :

  • un magazine féminin pèse près de 500 g (oui, oui, j’ai pesé avec ma balance de cuisine)
  • une tonne de papier nécessite entre 15 et 20 arbres (sans compter l’eau etc.)

Pour produire votre magazine, vous allez couper 63.000 arbres, utiliser 120 « 35 tonnes » pour transporter vos 4.250 tonnes de papier à l’imprimerie (une très grosse), réutiliser une myriade de poids-lourds pour distribuer vos magazines dans les différents points de distribution.

Et cela chaque SEMAINE !

Si l’un(e) de vous se dit, « tiens je vais calculer sur an soit 52 semaines » qu’elle/il se lâche ma calculette ne dépasse pas les 8 digits (je suis old school je sais !)

Un autre exemple,

Ça y est vous avez votre diplôme MBA-MCI et votre thèse portait sur le le WEB dans les BRICS et les pays en voie de développement, la presse spécialisée vous encense, vous pensez « Monde » car vous avez la solution pour l’artisan du Botswana, le pêcheur ceylanais, le trader brésilien,  des millions et des millions d’exemplaires sont en jeux, il vous faut frapper vite et fort, une thèse des part-time 2014 (la mienne) (elle est excellente !) arrive , votre fenêtre de tir est étroite.

Vous pensez que d’ici que votre exemplaire papier soit imprimé, transporté, distribué et encaissé ma e-version ne sera pas déjà sur les smartphones singapourien et uruguayen ? Pour info, je n’ai pas eu besoin de vendre ma Ferrari  pour le faire !

Bon on rigole, mais c’est pas drôle, l’imprimé papier disparaît et c’est triste.

Le papier imprimé qui a été pour les 16, 17, 18, 19 et 20ème siècles, LE média le plus versatile, le plus simple, et économique ne l’est plus pour les enjeux économiques et humains du 21ème.

Rassurez-vous l’imprimé papier ne disparaît pas il se transforme, son utilisation sera plus ciblée : du pas cher parce que ma cible n’a pas de « lecteur numérique »,  ou alors du luxe, de l’artistique, du beau et puis du personnalisé.

Depuis déjà 4-5 ans, au Japon, les meilleures ventes de livres sur smartphone sont imprimés, et le fameux Amazon, imprime des catalogues personnalisés pour ses clients quand il ne réedite pas le bouquin hyper rare que vous cherchiez pour le dédicacer et l’offrir dans un beau papier cadeau.